vendredi 21 août 2009

Dixième et dernier jour.

Vendredi 21 août - dixième & dernier jour.
Je suis à Grobusson à Pléboulle. Je me réveille à 6:30 ce dernier jour de mon périple après une nuit paisible près des vaches qui ce matin on changé de côté du champs. Pendant que je déjeune et prépare mon sac le soleil fait son apparition (j'ai bien placé la tente dans ce but hier). Je ne reste pas assez longtemps pour profiter des rayons qui auraient pu sécher la tente. Je la roule donc et je pense qu'elle fait le double de son poids d'origine soit environ 4 kg.
Ma première rencontre se fait dès le départ. Une femme que je vois au loin près de sa maison la canne à la main et qui tire sur des ronces prises dans son grillage. Elle a une technique pour palier le manque de force. Elle emmêle le râteau dans les ronces en le tournant. Puis elle se retourne et marche, les ronces sont à la traîne, arrachées. Quatre-vingt-cinq ans. Sont compteur à une grosse fuite et la prive d'eau au robinet. Elle me propose celle de son puits que je refuse prétextant un syndrome d'intestin fragile.
Direction Port à la Duc d'où je suis encore à plus d'un kilomètre. L'itinéraire se fait a travers champs et sous le soleil levant c'est très agréable de même que la traversée du pont sur le Frémur. Les mille cinq-cents mètres suivant se font sur le bitume mais la mer haute rend la baie de la Fresnaie est magnifique. Des oiseaux en nombre se laisse porter par l'eau. Je ne peux les identifier. Encore du bitume après Port Nieux, mais en pente assez raide. Je suis récompensé de mon effort car un kilomètre plus loin j'entre dans le reste de mon itinéraire qui sera un vraie bonheur jusqu'à sa fin.
Tout d'abord le chemin est large, herbeux et boisé. L'impression d'être en forêt. On voit peu la mer ou alors par une trouée dans la verdure qui encadre un paysage marin splendide. A Port Saint-Géran je fait une pause figues en compagne d'un grand père, de sa belle fille et de son petit fils qui m'adopte en venant s'assoir spontanément près de moi. Il n'aime pas les figues et donne le reste du morceau que je lui ai donné à sa mère qui le mange avec délice. L'homme n'est pas du coin, mais semble faire construire. Il réside dans un village près de Rennes et vient du sud de la France.
Les deux kilomètres de Port Saint-Géran au Fort La Latte sont de toute beauté, le parcourt est agréable même si parfois très pentu et doté de quelques volées de marches en rondin de bois, la vue admirable. Très peu de rencontres. Quelques pêcheur haveneau sous le bras marche d'un pas rapide vers des lieux de pêche dont je me demande où se trouve l'accès n'ayant pas vu de chemin particulièrement pratiquante vers la vers qui se trouve à quelques dizaine de mètres en contrebas. Je pense que se sont des vacanciers car il vont et viennent avec précipitation, faisant demi tour avec leur équipement avant de repartir dans un autre sens. Ils semblent perdu. A partir de la pointe de la Cierge je voie le Fort La Latte que je photographie. J'estime que je ne serais pas là bas pour 14:00 pour la vacation téléphonique avec Marinette et je ne peux dans le chemin poser mon sac pour prendre le téléphone qui s'y trouve. Un peu d'inquiétude pour le dernier donnera à nos retrouvailles un plaisir plus grand.
L'affluence me fait reculer et je n'entre pas dans le Fort tant la foule y est compacte. C'est un flot ininterrompu montant et descendant qui anime le sentier large de plusieurs mètres. Quelques photos et je prends la montée qu'on m'indique longue d'un kilomètre environ (pour moi 12 minutes) avant de trouver parking et structure à hauteur de sac. En réalité 500 mètres à peine. Je trouve un banc en bordure du chemin, peu avant le parking et téléphone avec 20 minutes de retard. Même pas inquiète. Pour moi, je suis arrivé au bout de ma route, mais Madame qui est chez Loïc et Noémie dit venir me chercher vers 16:00. Il me faut une heure pour manger, je suis presque à cours d'eau et il me faut une heure à une heures trente pour rejoindre le Cap Fréhel. J'ai la pression qui monte (déjà !). Quand je raccroche je suis contrarié. Je mange cependant tranquillement prenant le temps de boire la dernière dose de café. Puis je remballe comme pour repartir sur les chemins (un pressentiment !?). J'endosse mon sac et remonte vers le parking proche. J'aide le régisseur du parc du Fort La Latte [Les Goyon-Matignon, seigneurs constructeurs du Fort La Latte au XIVe siècle, avaient multiplié les hauts faits d'armes et les brillantes alliances. Les Goyon sont très nombreux et les branches multiples, si nombreuses qu'un proverbe dit : "Frappez du pied le sol breton, il en sortira un Goyon, un Kersauson ou un Courson".] à remonter le portail qu'une livraison en camion citerne a contraint au démontage. Il me fait entrer dans son domaine pour me donner de l'eau de "l'administration" (3 litres d'eau fraîche). Il me parle de l'étendue du parc et de son entretien. Il évoque les difficultés de relations parfois avec les autres associations ou autorités ayant action et ou intérêt dans l'organisation de l'entretien des chemins et bois. Je prends le temps de l'écouter. Il parle beaucoup et je sens que cela lui fait du bien. Il a une quarantaine d'année à peine et on sent qu'il aime son métier et s'arrête peu aux inconvénients de celui-ci.
Je rappelle ma tendre (!?) pour lui dire de prendre son temps (que j'avais senti qu'elle voulais prendre avec le couple benjamin) et lui annonce mon départ pour le "Cap" (allusion à Sonia et Alexandre Poussin partis du Cap de bonne espérance pour le lac de Thibériade en Israël en marchant tout au long de la fracture du Rift, en passant par dix pays [14000 km en trois ans et trois mois]). Rendez-vous est pris la-bas pour 17:00 environ.
Il aurait été regrettable de ne pas effectuer ce dernier parcourt. Sublime, majestueux, enchanteur. Il commence par un chemin sous bois qui même si vallonné est agréable sous les semelles. Puis de la bruyère, un peu en enfin la lande rase du Cap avec ses couleurs jaune des genêts, violette, [faune et flore d’intérêt patrimonial : nombreuses monocotylédones (orchidées) et dicotylédones florifères, Gentiane pneumonanthe, Azurée des Mouillères, Grassette du Portugal, Rossolis à feuilles rondes, entomofaune (en générale).] et ces mélanges de vert des feuilles et marron boutons minuscules des fleurs à venir.
Je tombe sur une "chèvre" et son troupeau [Il faut expliquer qu'une chèvre est présentement une personne qui pose des questions ou affirme des choses complètement évidente et surtout qui est habillée comme pour aller à une soirée mondaine et chaussée comme en sortant de la piscine].
Je suis aux anges durant toute cette dernière longueur indiqué comme 1:00. J'en mets 1:30 avec les arrêts photos et échanges. Pour finir je m'offre le tour d'honneur de la pointe du cap Fréhel sur un chemin pierreux certe qui fait mal à la plante des pieds, mais se sont les derniers pas de mon évasion. Je me retourne souvent vers le sémaphore de Saint-Cast Le Guildo que je vois encore ainsi que les côtes de Normandie visible dans le lointain. Je goute le vent qui me caresse une dernière fois et me retourne souvent, ému aux larmes que je me contraint à retenir (encore... pourquoi - je me demanderais toujours ce que j'aurais ressenti si je m'étais laissé aller à pleurer. J'ai eu peur de ne plus pouvoir m'arrêter - qu'aurais-je ressenti après ces larmes ?)
Le parking est là. Pas de liaison téléphonique sauf urgence. Je vois la voiture entrer sur la zone quand j'ai eu fini de vérifier les voitures présentes. Ma blonde arrive. Ma blonde se gare, y'a de la place (trois manœuvres quand même - elle est fatiguée c'est sure). Je ne peux même pas l'embrasser car des boutons ornent mes lèvres et y prospèrent douloureusement depuis quelques jours.
Dernières photographies. Pose du sac dans le coffre. retrait du chapeau à plumes. Protection du siège passager de la sueur qui mouille (trempe) mon dos et mes cheveux. Ma voisine me fait remarquer que je dégage comme une odeur très forte de transpiration genre "fauve" et je prends conscience de mon état de fin de journée.
Une certaine liberté, une certaine solitude constructive, certaines rencontres s'arrêtent là.
Une autre vie m'attend. J'y trouverais des charmes dont j'avais perdus ou oubliés l'existence. Mais je reviendrais un jour vers toi liberté solitude rencontres, un jour. N'est-ce pas les côtes de Saint-Quay Pontrieux, de Paimpol et de l'ile de Bréhat que je voie toutes proches quand démarre la voiture?

jeudi 20 août 2009

Neuvième jour.

Jeudi 20 août - neuvième jour.
Aujourd'hui la narration sera courte. Au départ des Quatre Vaux où j'ai campé quelques paysages magnifiques ainsi qu'en arrivant à la pointe du Bay à Saint-Cast-le-Guildo. Le ciel est noir et chargé. Un vent violent se lève brusquement alors que je suis sur le parking de la pointe. Je déballe le poncho et en couvre mon sac tout en mangeant... des figues. J’attends la pluie avec espoir. Encore une expérience et je me sens prêt. Il me suffit d'endosser mon sac à dos et de rabattre le poncho que j'ai prédisposé pour tout soi à l'abri et que je continue ma route. Grande déception, le vent chasse les nuages et la pluie ne vient pas.
L'itinéraire jusqu'à Saint-Cast est agréable et très vallonné. Les paysages en arrivant sont splendides, les plages de toute beauté. Saint-Cast est resté Saint-Cast quelques bâtiment en plus, d'autres en moins ou modifiés. Il n'y a pas foule à 13 heures 30. Je m'installe sur la grande plage, sur un banc pour manger bacon et fromage acheté au 8 à 8.
Je coupe pour rejoindre la corniche Ouest en direction de Port à la Duc. L'itinéraire n'a pas d'intérêt le paysage côté mer est masqué par des genets de 2 mètres pas assez haut pour faire de l'ombre. Côté terre des champs labourés et du maïs déjà haut. Seul moment d'intérêt un centre équestre dont les chevaux sont parqués en bordure du GR. J'hésite à demander l'hospitalité, mais je veux avancer et sortir de cette zone que j'ai traversée à marée basse donc avec une odeur désagréable et entêtante. Je me pose dans le fond d'un champs vers Gobusson après Port à la Duc. Je dîne et me lave le corps avec 50 centilitres d'eau et je suis propre. Je téléphone à Marinette et dodo dans le silence des vaches du près voisin et das canards dans le lointain. Les corbeaux n'ont fait qu'un passage fracassant.

mercredi 19 août 2009

Huitième jour.

Mercredi 19 août - huitième jour.
Nuit excellente dans le fond de mon champ. J'ai eu de la guitare une partie de la soirée. Des jeunes chanteurs des rues que j'ai rencontré qui bivouaquaient sur le GR. Ils sont trois, viennent du Nord et se déplacent de village en village en voiture.
Je me dirige vers Saint-Jacut-de-la-Mer. La signalisation du GR est à peine visible et parfois difficilement compréhensible sur cette commune. La matinée est une horreur avec le contournement à n'en plus finir de la baie de la Baussais. Le soleil est de plomb et il n'y a pas d'aire ni d'ombre non plus car le circuit se fait en schorre et digue. Le paysage est sans intérêt à cette hauteur (au niveau de la mer) il était certes beaucoup plus magnifique à la sortie de Lancieux du haut de la falaise où je voyais des chevaux quid montés, quid attelés trotter en bordure et dans l'écume de la vague. Le bonheur de ces cavaliers. Je pense à Loïc. Il serait heureux là.
Je voulais couper la presqu'ile de Saint-Jacut-de-la-Mer n'ayant aucun souvenir particulièrement agréable alors que j'étais chef de poste. Je m'y rends quand même après le passage de la baie de la Baussais et que j'ai déjeuné sur l'une des tables d'un éleveur d'huitres qui propose la dégustation. Les trois blondes (si si !) ne sont même pas souriantes. Les huitres sont servies dans des cartons d'emballage. Le couple franco-italien qui à pris la seconde table de la terrasse semble content. Je souris en les écoutant. Elle parle italien, lui en français et la petite qui a 10 ans dans les deux langues puis les parents alternent. C'est étonnant ces dialogues où les échanges se font alternativement, parfois un mixe des deux langues. A entendre comme ils parlent il doit d'agir de leur deux langues maternelles la femme étant plus italienne.
Je passe la traversée de la presqu'ile de Saint-Jacut que j'abrège en passant par le travers à hauteur du port du Chatelet et devant l’ancien poste provisoire de gendarmerie que photographie au passage. Je rejoints le GR par la rue des Girauds. C'est seulement à partir de la plage du Ruet que les choses deviennent plus intéressantes avec la rencontre derrière des rochers d'une famille (père, mère et deux filles) que je surprends alors que je longe à grand peine cette plage. Je les prie de m'excuser et le monsieur noue conversation avec moi. Je viens d'ici, je vais où ? Je viens de 7 jours et je vais 2 jours. Il exulte. Pas de contrainte. Il me conseil pour profiter de l'ombre, de passer par un chemin qui en fait est le GR que j'ai perdu, la signalisation étant à revoir sur Saint-Jacut. Il me parle d'histoire et me remémore le duc d'Aiguillon boutant l'anglais hors de France et me précise le chemin suivre pour poursuivre et pour suivre sur la côte de la presqu'ile de Saint-Jacut jusqu'au port du Guildo puis le long des côtes jusqu'à Saint-Cast-du-Guildo. Il y a eu 3500 morts côté des anglais. Si mes souvenirs sont bons la bataille s'est terminée par la victoire plage de Pen Guen en Saint-Cast. Je verrais demain en y passant. Il me parle aussi du château du duc de Bretagne sous lequel je vais passer et d'où la tour en son sommet permet d'embrasser toute la baie. Nous nous quittons et je prends la direction indiqué et rejoints le chemin après un certain temps assez long et sur le sable mou de la plage. Avant que d'être caché à leurs yeux et bien qu'ils soient très loin et à peine visibles, je me retourne et lève le bras avec mon baton pour leur faire signe au cas peu probable où ils regarderaient de mon côté. Incroyable mais je voie quatre bras se lever spontanément et me faire de grands signes d’au revoir. Je suis tout ému, limite larme. J'aurais du continuer de parler avec ces gens plutôt que de m’inquiéter de mon gite et de la douche de ce soir. Pendant la conversation avec le papa une des petite est venue me dire gentiment que pour passer au bout de la plage il fallait que je parte tout de suite car la mer montait et que je ne pourrais bientôt plus passer. Quand je l'ai remercié de son attention en lui expliquent que son père m'avait indiqué un chemin au-dessus elle a eu l'air sincèrement rassurée. Encore un bon souvenir d'une famille touchante.
Il faudra que je dise au Monsieur que le château du duc de Bretagne est complètement en ruine. Les abords sont agréablement aménagés avec des bancs de bois rustiques placés en amphithéâtre et des murets de pierres sèches juste comme il faut pour s'assoire.
Je traverse la pont du Guildo, le bourg de Notre-Dame du Guildo pour rejoindre à l'opposé camping des Quatre Vaux. J'y suis bien accueilli par une jeune fille qui autorise la douche et s’attable avec moi pour discuter quelques minutes elle fait une école de communication mais ne passera pas le Master en raison du cout que cela occasionne. Elle semble devoir gagner sa vie d'où ce poste de garde de camping.
A 21 heures appel à la lumière de mes nuits et après la douche et que j'ai planté la tente dans un champs à 200 mètres de là, j'ai dîné de pâtes de blé chinoises avec fromage italien.

mardi 18 août 2009

Septième jour.

Mardi 18 août - septième jour.
J'ai dormi super bien en cette terre d'accueil ! Pas un bruit. J'ai fait une toilette complète aux sanitaires et dîné sur les tables de pique nique. Le grand luxe. Petit déjeuner vers 7 heures sur les tables pendant que la tente sèche autant que faire se peut. Elle est trempée par la condensation entre la chambre et la toile. Leçon : planter là où il y a un peu de vent pour la... ventilation. De plus le sol sous la tente sans être trempé était humide.
Toilette, rasage déodorant car je garde les mêmes sous-vêtements que la veille. Plus tard et en dernier je démonte la tente toujours aussi trempée (1kg de plus à porter). Contrairement à mon habitude, le sac était rangé depuis le soir, près à partir (sauver ?).
Direction la pointe du Décollé à Saint-Lunaire. Pourtant je n'ai pas envie. L'accueil des anciens camarades et de la police municipale m'a laissé de l'amertume. J'y vais donc quand même et je ne le regretterais pas. Le paysage du matin m'accroche (il est 10 heures 30 quand même et je viens seulement de partir) dans le petite rue du Pont du Diable. Rien d'extra à la pointe du Décollé. La croix de... granit ? ressemble à du béton. Pas beau. Le paysage pas mieux. Chemin des douaniers puis le bord de la plage (béton) de Longchamp.
Chemin des douaniers. Là, au dernier virage avant la pointe de la Garde Guérin, j'entends... de la cornemuse. Le son étouffé tout d'abord devient fort, net et clair dès le virage passé. Un homme, debout sur le promontaoire de la pointe de la Garde Guérin, face à la mer joue de la cornemuse à trois bourdon. C'est magnifique. L'instrument, l'homme, la musique et le paysage marin. C'est sublime. Il s’interrompt, change de flute puis regonfle la cornemuse et joue. Je suis seul avec lui. Aucun promeneur. J'écoute émerveillé. Photos en pagaille, mais cela ne donnera pas l'émotion ressentie à ce moment. Je reprends le chemin, nombre de badauds étant arrivés et les enfants ont par leurs jeux et leurs cris mis fin au charme. Je pars en entendant s'éteindre la musique qui s'éloigne.
Je ne sais pas ce qui se passe, je pleure. J'ai les larmes qui montent aux yeux et se mélangent à la sueur de mon visage. Je reqarde le sol et masque mes yeux aux premeneurs qe je croise et qu’exceptionnellement je ne salue pas. J'ai du mal à comprendre. La fatigue ; pas plus que d'habitude. Ce que je viens de voir et d'entendre m'a touché l'émotion de la beauté. Je suis touché... coulé. Je n'explique pas. Cela dure longtemps. En écrivant ce soir et en y pensant j'ai l'émotion que revient. C'est du bonheur peut-être. Un instant un peu plus long que les autres. Le paysage magnifié par la musique, la musique mélodieuse amplifiée par le paysage. Quand je poursuis ma route j'évite de penser ce passage du chemin, enfin moins fort.
A Saint-Lunaire j'ai fait l'achat du topo-guide du GR de la Côte d’Émeraude. Il m'aide bien à plusieurs reprises. Le chemin se poursuit. Peu avant 14 heures, je suis contraint de m'écarter du chemin pour satisfaire un besoin qui me travaille les intestins depuis quelques minutes (le mélange figues, pêches et abricots frais que j'ai consommés comme carburant). C'est l'horreur parce qu'à cet endroit le chemin est bordé sur toute sa longueur, des deux côtés, d'une clôture de 2 mètres de haut, infranchissable et doublée d'une large haie épineuse naturelle. Je me voie mal parti d'autant qu'aucune ligne droite ne me permet de voir venir les promeneurs qui sont nombreux maintenant. Quel bonheur ensuite après avoir traversé un parking cherché et trouvé un champ, ouvert une barrière, fermé la barrière, marché jusqu'à la haie. Des détails ?
Arrivé à Saint-Briac. Exceptionnellement, un petit café dans un établissement spécialisé en la matière qui se trouve à proximité du GR. Un petit passage aux toilettes... vaut mieux assurer. Je repars. Lancieux. Achat de figues dans l'épicerie du bourg à la serveuse sympathique. Je reprends ma stratégie que j'applique et qui donne de bon résultat : Repérage du camping municipal que je traverse pour visiter. Recherche et découverte à 300 mètres d'un coin tranquille au fond d'un champ pas trop près d'une route peu fréquentée mais hors de vue. Je plante la tente sur du sable. Ce devait être un dépôt de sable ou de carrière il y a des années. Retour au camping pour douche. Retour à la tente pour dîner. Retour au camping pour mettre en charge téléphone et GPS dans les cabines lavabos des hommes. A 21 heures contact marital. Jocelyne, Ida, le RSI, l'URSSAF, l'anniv de mariage de Gaëlle et Jocelyn (10 ans le 18 août), et David et Nathalie samedi. J’écris sur un banc à la lumière du bloc sanitaire en surveillant le matériel en charge. J'ai fait le plein de mes bouteilleslors de la douche et le complément maintenant.

lundi 17 août 2009

Sixième jour.

Lundi 17 août - sixième jour.
Réveil un peu tard. Il est 7 heures 47. J'ai mal dormi.Des voisins faisaient exceptionnellement la fête mais ne savaient pas que j'étais là. Vers 2 heures 45 cela s'est calmé et j'ai pu dormir. Je me suis habitué à ma paillasse. Le propriétaire, Monsieur Louis Friteau m'appelle pour le café qui sera un petit déjeuner avec son épouse. Monsieur a été bien malade cette année avec la découverte après un an de recherches de la perte d'un de ses poumons du à une rupture du muscle (dont j'ai oublié le nom). C'était la cause de ses essoufflements. Il aime la pêche et est originaire de Fougères. Il a un jardin chez un ami à Dinard. Il s'y rend et me propose de me déposer à la laverie pour mon linge. J'accepte. Il accepte de mettre mon GPS en charge. Je rentrerais à pied, linge propre après quelques courses vers 13 heures. Le temps de ranger et plier et j'appelle la prunelle de mes yeux (j'en fais pas trop là !?). J'endosse mon sac après avoir remis ma carte et une invitation passer, je prends nom et adresse de mon propriétaire. Au passage pour rejoindre le GR 34 je prend ceux de Monsieur Madame Inaorvaïa. Ils mangent dehors, la dame me voit et me désigne à l'assamblée. Je salue d'un grand geste sans regarder et pars.
Le chemin jusqu'à Saint-Lunaire n'est pas très agréable à son début. Plage de sable pou (deux) et bitume pour des crochets dans les villages.
Le midi n'ayant que très peu mangé, vers 16 heures, je renforce mes figues (fameuses semi sèches et moelleuses) par trois abricots frais et une orange. Je bois plus car je ne suis pas échauffé et les plages sont épuisantes. C'est étonnant ces changements de température tout au long du chemin. Des zones ombragées sont plus chaudes que certaines ensoleillées. Par endroits je transpire à grosses gouttes à d'autres j'ai presque froid.
Le paysage n'est pas extraordinaire et ne me marque pas plus que cela. Juste la première vue de Saint-Lunaire de ma pointe du Nich (côté Ouest). J'arrive à Saint-Lunaire au pas de charge. Je me calme. En bordure de fin de plage, trois tables de pique nique me tendent les bras. En face, à 30 mètre de l'autre côté de la route des sanitaires WC à siège et turc et lavabos avec eau courante. Bien agencés, je pourrais y faire une toilette complète, manger et écrire sur un des tables et planter ma tente non loin.
Je me dirige à l'arrivée du GR vers un couple de randonneur. Jeunes, les sacs bien chargés la serviette de toilette en étendard. Il me semble qu'ils sont arrivés par la route. Une photo avec le panneau d'entrée d'agglomération de Saint-Lunaire et ils repartent alors que le sourire aux lèvres, j'étais à moins de 10 mètre d'eux et allais de toute évidence vers eux pour les saluer. Ni un regard, ni un bonjour , ils me fuient et partent rapidement vers le centre de Saint-Lunaire et la pointe du Décollé. Plus loin deux cyclistes me saluent du bout des lèvres. Je me pose des questions et m'autoexamine. Certes je n'ai pas l'air frais et je dois être rouge de visage car cuit avec le soleil en plus de ma forte propension à rougir. Mais même. Je ne comprends pas ce comportement.
Je passe l’épisode de la rencontre avec 5 gendarmes puis un policier municipal. Aucun intérêt. Ni la rencontre, ni les personnages. Le métier a bien changé ou alors se sont les hommes. Le "camping sauvage c'est INTERDIT !". "C'est la réglementation générale". "Pas le droit". Merci les gars pour les encouragements et pour toutes ces interdictions assénées sans mesures et de manière totalement arbitraire. La bêtise de l'autorité aveugle et inculte qui confond camping et bivouac, campeur et randonneur. N'a aucune tolérance pour le randonneur qui monte son bivouac (tente une place) à la tombée de la nuit en un lieu isolé des routes chemins et habitations (sauf autorisation de l'occupant sédentaire proche) et le démonte avant le levé du jour ou presque.
Des rencontres de m... et des nons rencontres de m... aussi ! C'est l'esprit Saint-Lunaire ?
Les trois étoiles du camping local m'arrêtent. Je reviens à ma première idée. Liaison téléphonique de 21 heures, j'ai tout dit ou presque. A 21 heures 45 la tente est montée dans un petit coin retiré. Toilette, écritures et dodo.
L'après midi de cette journée n'a pas apportée de rencontre extraordinaire. Un couple d'ancien un peu perdu à qui j'ai expliqué la signalétique des GR.
Cette journée (et nuit) sera marquée par mon premier camp autonome sans avis de propriétaire, sans assistance publique et contre le REGLEMENT !

dimanche 16 août 2009

Cinquième jour.

Dimanche 16 août - cinquième jour.
La nuit, j'ai eu des crampes dans les deux cuisses plusieurs fois de suite à la limite de crier. Il faut que je boive plus.
Je compose mon sac à dos et réussi à mettre le sac de couchage à l'intérieur ce qui donne à l'ensemble une rigidité qui le maintien bien. Je le porte mieux.
Pas de remboursement parce que facture et acquittement par carte bancaire. Écrire à la mairie. J'abandonne d'y penser, je verrais en rentrant. Je prends la route (le bitume) et traverse Aleth en passant devant la tout Solidor qui seront visibles un bon bout de route. J'ai hâte de sortir de la ville même si elle est agréable. J'ai peur que le bitume me blesse, aussi je marche à pas feutrés et lentement, comme chaque matin la douleur se tenant aux fessiers. Je sais que la douleur passée, je suis chaud.
J'avance régulièrement et suis le balisage du GR. Perdu près de la Briantais, je demande mon chemin et me retrouve à l'entrée du parc du château. Je dépose mon sac sur un banc près de la maison du gardien. Il est 13 heures et il n'y a pratiquement personne. Je fais le tour de l'allée principale, le paysage donne sur la mer que le château surplombe. La tour Solidor est visible sous un autre angle. Le parc est boisé. Seules quelques plate bandes fleuries genre jardin de curé orne l'espace qui reste. Très agréable. Le château n'est pas frappant d'originalité. En pierres blanches j'ai presque l'impression qu'il s'agit de tuffeau. La balade est très agréable, surtout sans sac à dos, et des bancs invitent à la pose, intelligemment placé pour faire valoir le paysage marin. Après avoir photographié un couple dans une plate bande, je quitte les lieux pour contourner par l'extérieur l'enceinte du parc du château. Cela me conduit au barrage marées motrice sur la Rance-mer.
La traversée béton-bitume n'est pas particulièrement agréable mais côté mer le paysage est superbe avec la tour Solidor à droite (Est) et Dinard à gauche (Ouest). Quelques photos pour esseyer de faire ressentir. Le temps est couvert mais la vue porte loin.
De l'autre côté je retrouve le GR après une bonne volée de marches en haut desquelles je déjeune assis et installé sur une clôture bien adaptée à mes désirs : Poser le sac, plat pour poser et déballer quelques affaires et confortable, à bonne hauteur. Je salue les rares passants qui me regardent avec curiosité. Peu de passage car la voie mène uniquement à l'escalier qui descend au barrage.
L'après-midi se passa agréablement sur le chemin de ronde de Dinard. Le chemin est large et peu dénivelé, sans gros obstacles. Le paysage se modifie presque à chaque pas. Je retrouve Saint-Malo sous un angle inconnu, la tour Solidor aussi, la pointe d'Aleth ainsi que le petit et le grand Bé où est enterré Chateaubriand. Dinard se dessinne de plus en plus gros. Je m'approche. A la pointe de la Vicomté la vue est splendide, je malaye de Dinard à Saint-Servan. La mer est bleue contrairement aux jours précédent où elle était plutôt verte. Photo. Toujours aussi facile, le chemin se poursuit et me pose dans la baie du Prieuré après une petite traversée de plage au sable mou.
Bien qu'elle soit au fond du sac, je renouvelle ma poche à carburant (sachet de figues). C'est vraisemblablement la cause de mon épuisement de la veille au soir. La nuit m'a permis de récupérer et je m'attache à bien prendre figues ou dattes tous les 30 à 45 minutes, deux ou trous ou quatre chaque fois.
J'ai bien fait car mon GPS (Eva) sonne la fin de charge et j'accélère le pas dans l'espoir peu réalisable je le sais de pouvoir le rechjargher avant extinction. A Dinand le chemin de ronde, GR ou des douaniers est en... béton pratiquement de la plage du Prieuré à la plage de Port Blanc à Saint-Enogat (commune de Dinard). A partir de la pointe du Moulinet c'est au pas de charge que j'avance. Je brule du carburant mais l'alimente la chaudière. Je me méfie du sol et de don impact sur mes pieds. J'ai tendance à talonner. Dans Dinard et avant mon arrivée, je suis gêné par la foule dense. Je zig zag le GPS à la main pour esseyer de localiser le camping de Saint-Enogat. J'avance. Ma technique pour l'avenir est de repérer un camping er ses accès (au moins un ou deux) puis de rechercher soit chez l'habitant comme à Rothéneuf, soit dans un champ dans la nature un emplacement où monter mon bivouac non loin du camping. De planter ma tente puis de revenir vers le campig avec mes affaire de toilette pour une douche quotidienne. Cela devrait marcher, je suis confiant. Il est 20 heures passées quand je trouve le camping. Il était plus loin que ce que m'ont indiqué mes informateurs. J'ai peur de ne pas pouvoir revenir voir le feu d'artifice, même de loin car je me retourne régulièrement pour voir le point le mieux, non éloigné de ma destination.
Camping repéré. J'avance à la recherche d'une prairie mais je suis en ville et la campagne n'est pas indiqué. J'opte pour la zone artisanale. Il doit bien y avoir des champs. Chemin faisant j'interpelle une femme qui soigne des hortensias tant aimés de mon épouse. La pelouse est très tentante. Elle n'est pas chez elle et ne peu accepter ma tente. Plus loin, un homme sur une table dans son jardinet m'autorise à camper sur sa pelouse de sa maisonnette. Il est espagnol (fort accent) âgé d'au moins 75 ans. Il m'offre de me laver les mains dans la maison après avoir proposé de mettre mon sac de couchage dans sa cabane soignée et confortable de jardin. Son épouse qui me découvre n'accepte pas, elle semble avoir peur, je me retire donc au grand désarroi de ce monsieur au grand coeur qui a refusé ma pièce d'identité pour me dire que l’honnête et le brave homme se voie sur le visage. Merci monsieur Incorvaïa pour ces instants et merci madame Incorvaïa d'inciter votre mari à être prudent. Il remplit mes bouteilles d'eau et je le quitte à regret ce Monsieur avec un coeur grand comme ça avec qui j'aurais aimé parler.
C'est un peu plus loin derrière un garage qu'un monsieur m'autorise à monter ma tente dans un champ de fleurs blanches qui dégage une forte odeur de camomille. Il m'invite au petit déjeuner le lendemain à 8 heures, si je ne suis pas parti.
Un kilomètre et demi allé et un kilomètre et demi retour et ma douche est prise. J'ai abusé car la forte pression de l'eau a fait du bien de longues minutes à la région cervicale endolorie.
Vacation téléphonique à 21 heures à l'aller, dîner à 22 heures, extinction des feu à minuit.
Belle et magnifique journée, la gentillesse des personnes fait chaud au cœur.

samedi 15 août 2009

Quatrième jour

Quatrième jour
je reprends... L'écriture nous sommes le troisième jour. La nuit n'a pas été trop mauvaise mais froide. J'ai utilisé la couverture polaire que j'ai préparée pour me couvrir et utiliser le sac de couchage comme matelas double épaisseur. La tente et mouiller à l'intérieur matin. La chambre est saine. Il est sept heures j'ai bien dormi sur le matin en raison d'une fête musicale qui a baissé le son vers deux heures 45.
Je déjeune, fait ma vaisselle et toilette sans voire voir mes hôtes. Un des volets est ouvert mais avec que la domotique s'est peut-être automatique je fais le tour du bâtiment sans voir âme qui vive. Dans le sous-sol l'une des voitures est absente partie contre ma toilette et mon sac. J'entends les cloches, je les suppose à la messe. Je laisse une petite carte commerciale de la société avec un petit mot au dos. Ils ne peuvent pas la manquer coincée dans le joint de la baie vitrée coulissante.
J'endosse mon sac et repart vers... Je ne sais pas. J'ai des fruits frais à prendre et des figues. Un voisin me dirige vers le centre-ville où je trouve épicerie. Quand j'arrive à l'entrée du GR Tim a été indiqué, je suis abattu je me retrouve au départ après les rochers sculptés de Rothéneuf. Je n'étais donc pas à Le Minihic mais Rothéneuf. Je réfléchis et hésite avant de me décider à faire une nouvelle fois la route. J'ai donc fait un grand rond. Des entrées je ne regrette pas ma décision. Au moins un thonier et plus loin le Belem sur la ligne d'horizon toute voile dehors. C'est plus loin que cette information est confirmée par un autochtone je prends une photo entre deux maisons dont l'une arbore un drapeau français avec une étoile jaune près de la ampe. C'est un original qui me dit-on change de drapeaux tous les jours. Je repasse devant ce que j'imagine être une usine de dessalement de l'eau de mer. De gros tuyaux descendent le long de la falaise.
A la pointe de la Varde je suis encore étonné par ce spectacle du matin. Je l'ai vu la veille en arrivant, mais là il est encore différent. Je suis servi. La Bisquine « La Cancalaise » et « La Grandvillaise » reconnaissable à sa coque blanche font une régate sous Saint-Malo. La côte est magnifique. Nombres de voiliers font route vers Cancale. Le ferry « commodore » croise les deux bisquines mais au-dessus, plus près de la ligne d'horizon. Photos, mais c'est "petit" devant le spectacle qui m'est expliquer par un monsieur de 85 ansque j'avais salué à mon arrivée sur le terrain militaire de la pointe de la Varde. L'homme est très élégant et m'explique que les bateaux, leurs manoeuvres et leur voile. Il a fait des régates pendant 40 ans. Il me parle de l'histoire des rochers avec leur nom. Son discours est très intéressant et sans prétention. Il s'exprime dans un français d'une personne qui a une éducation supérieure.
Elle me propose de me conduire au Minihic en voiture. Je refuse car je ne veux pas faire d'entorse à la marche. Quelques pas plus loin je regrette car l'homme avait peut-être encore envie de m'apprendre, de parler de Louis XIV et du passage à l'île. Il me dépasse sur le chemin de terre et me salue d'un grand geste militaire. Je pense à lui tout au long de mon chemin qui s'avère difficile parce que macadam et béton. La température de 30° et le soleil me minent.

vendredi 14 août 2009

Troisième jour

Troisième jour
Troisième jours après une nuit épouvantable avec les douleurs et le manque d'habitude du sol. Mais bon, j'ai choisi.
Départ 09:30 environ après la douche et que j'ai récupéré Eva en charge une partie de la soirée et ce matin car debout depuis 07:30.
Etonnant ce camping. Il n'y a aucune prise de courant pour alimenter les caravanes. Il en existe deux près des quatre lavabos prévue dans le local toilette près des douches et des WC. C'est le lieu de rencontre des femmes quid avec avec sa bouilloire électrique vient chauffer l'eau du petit déjeuné, quid avec son grille pain et ses tartines qui dégagent une bonne odeur de grillé, ou carrément la cafetière pour passer le café. Tout le monde papote. C'est super. Je débranche mon Eva et la femme à la bouilloire le rebranche quand elle a fini. La journée s'annonce bien. En route, le GR est à la porte arrière du camping.
Avec les aménagements que j'ai apportés le sac que se portent bien même si la gêne sensible reste aux épaules je porte le sac en bascula hier, le poids sur la taille et le fessier.
Je sais qu'il me faut une bonne peur pour être échauffé aussi je pars doucement, à petits pas, pied doucement posé au sol. Je tente de marché fluide, pas d'à-coups, souplement.
J'ai pas fait 200 m que je me suis une fois de plus saisi par le spectacle de la mer.la plage toujours une au pied du camping que je vois à son antipode, les bateaux ancrés amarrés au et qui se dandinent doucement, un pêcheur pour lancer sur son rocher, le soleil qui pour un matin illumine tout cela est en cadeau le voilier le « Renard » qui toutes voiles dehors passent au moins contre deux bouts de terre. Je m'arrête plusieurs fois pour admirer sans savoir que penser. Admiré et c'est tout.
Je reprends ma progression en me disant qu'un paysage si le propre de l'éphémère. Tu le vois, il est magnifique, tu es sous le charme. Quand il a disparu tu ne peux même plus l'imaginer. Tu sais que c'était magnifique, splendide et tout ce que tu le veux mais tu l'as oublié. La description qui en est fait ne rejoint pas ce que tu as vu. Tu ne peux plus. Même la photo la plus réussie ne peut pas à ramener cet instant d'extase. Enfin, même le souvenir n'est pas réel.
Je progresse et arrive ce que j'appelle le chemin des damnés, pour douaniers. La traversée de plages de sable mou. L'horreur. Je trouve un biais en empruntant un chemin le long du camping de la plage des Chevrets. Je vais jusqu'à la pointe du Mainga pour redescendre à l'ile Bernard Oullins je perds G.R. je tends un passage par la Guimorais mais le risque de me faire reculer après discussion avec un avironnier qui a eu la gentillesse de s'arrêter de ramer et de crier réponse à mes questions. Ma prudence naturelle me faire rebrousser chemin même si les réponses de mon informateur n'étaient pas excessivement pessimistes. Je reviens par les rochers glissants et le sable qui se mouille par la marée montante. Je prends le bitume et me dit que je retrouverais bien le GR. Ce que je fais rapidement. Je suis écoeuré. J'ai fait près de 3 km sur le bitume et sous le soleil eux qui chauffent très fort pour me retrouver à moins de 50 m du lieu que j'avais quitté après que l'avironnierpoint J'avais juste à franchir le petit passage de 15 m délicats pour arriver là où je suis. Mais c'est pas grave comme diraient des gens du Sénégal à qui arrivent les pires ennuis.
J'avance. Le chemin longe un champ de céleri qui se fait copieusement arrosé par une superbe lance à eau transformant le chemin en contrebande au ruisseau. Plus loin c'est aussi à perte de vue que des champs sont plantées, bien rangé. La parcelle immense est entourée complètement par un grillage approuve le haut de 80 cm dont la base est enterrée et maintenue par des piquets de clôtures électriques enchevêtrées dans les mailles. Je subodore que des lapins gîtes non loin.
Je peste contre l'agriculteur dont la clôture trop proche du bord me contraint à faire de la gymnastique pour éviter les branches qui accrochent mon sac que tout en évitant les orties qui me chatouillent les mollets. Je m'excuse auprès de lui mais plus tard je me rends compte que j'ai dû louper une fois de plus un changement de direction.
Tant mieux car cela me vaut de découvrir par l'arrière le château du Lupin. Je photographie et malgré le panneau de propriété privée je m'installe dans l'allée qui fut jadis un magistral et je déjeune surabondantes pierres qui n'attendaient que moi. Il était temps que je me pose car les forces des failles sérieusement, à la limite du malaise. Je viens de me rendre compte que je n'ai pas pris de carburant (figues) depuis près de deux heures mêmes si j'ai bu normalement. Il est 14 heures à la pause et je prends la vacation téléphonique. R.A.S..
Reprise de la route vers 15 heures après un second dépôt de bilan de la journée. Chez les intestins qui font de la musique et l'oignon en fleur (bonjour la poésie). Pourvu que cela passe rapidement. Cela passe (tant mieux pour le lecteur). Je fais le tour du château et de la propriété et je sors par là les principales bordées d'une double rangée d'arbres. À la sortie quand je me retourne pour lire le nom du château de Lupin sur le panneau d'entrée je note aussi la pancarte « propriété privée ». Trop tard.
Un égarement encore profitable.
Je poursuis et consomme beaucoup d'eau il fait très soleil. Comme je ne retrouve pas l'entrée du GR a Rothéneuf, je m'arrête un camping pour faire le plein en eau. Je rencontre un couple qui fuit comme moi, dans l'autre sens parti de Saint-Brieuc. Nous échangeons sur les itinéraires l'équipement, le voyage et les techniques. Une heure se passe comme de rien.mes chaussures enlacées -- il fallait enlever les rochers qui s'étaient faufilés dedans -- je repars quand mon briochin m'a rattrape au portail pour me donner une carte au 25 000e de mon itinéraire. Carte de couleur glacée avec la partie de l'itinéraire intéressant, le format et pratique. Nous nous tutoyer ont durant ces quelques instants et nous nous quittons sur des voeux réciproques chaleureux. Loin je pense que j'aurais pu lui donner une carte de visite puisqu'il passait à Hirel. Même bon.
Je repars (encore). Je n'arrête pas de perdre le GR et de manger du bitume. Vers 18 h 30 je m'inquiète d'un camping. Je me dirige après plusieurs indications contraires de l'année par des gens sympathiques vers le «Nicet » le prix élevé, 13 €, m'arrête. Le gérant accepte que je prenne une douche gratuitement. Je suis aux anges car je suis sale de sueur, les mains qui collent à cause d'État et de la crème solaire que j'ai étalée un peu tard. Les bras et le devant des mollets sont touchés. Je ne le savais. Je l'ai senti venir.
je prends la cabine dite 'handicapée'. Jim est sac et toutes mes affaires j'y suis à l'aise et en profite un peu. L'eau sur la nullité des épaules me font un bien fou. C'est la douleur de la nuque et épaule que je redoute le plus. Peur d'une contracture. J'ai déjà donné. Je sors requinquer comme un sou neuf et même les traces des ronces amoureuses ont disparu de mes mains et bras. Seule subsiste une grosse tache écarlate sur mon short beige . Tant pis, cela fait baroudeur.
En quête d'un champ pour poser mon gîte je sonne à plusieurs portes pour avoir l'autorisation de planter sur une parcelle où se trouve déjà un camping-car 35 et qui m'inspire hautement. C'est un chant dont la tondeuse est passée récemment. Pas de réponse de chaque côté est en face, je joue la carte de l'imposition d'autant que le champ est grand même si le passage large est enclavé entre maisons.
Dans un jardin voisin j'interpelle un monsieur qui me dit utiliser la parcelle pour son camping car et m'autorise à camper à proximité. Je n'ai pas trouvé la place qu'il revient, ouvre son portillon et me propose sa pelouse fraîchement tondue et souple comme dans un rêve. Il a fait Lourde et Saint-Jacques-de-Compostelle à pied alors il sait. À 70 ans il utilise le camping-car. Je n'ai pas commencé le montage qui revient me propose dans son sous-sol les W.C., lavabo et touche le tout dans un cagibi spacieux et bien aménagé. J'abuse et demande permission de mettre en charge mon GPS. Il laisse le portillon et la cave déverrouillée pour que j'accède selon mes besoins. Elle n'est pas belle la vie ? Dire que quand je suis arrivé, dans la rue une dame Matti en parlant de ce couple « ce ne sont pas des gens faciles ». Alors des « gens pas faciles » comme cela je veux bien rencontrer tous les jours.

jeudi 13 août 2009

Deuxième jour

Jeudi 13 août 2009 - deuxième jour
Vers 08:00 petit déjeuné et je range mes affaires qui sont vraiment en bord... Mes voisins originaires de Montreuil près de Combourg me rendent Éva. Les propriétaires arrivent plus tard avec une tondeuse pour nettoyer le tour du parc. Il commence et s'arrête à ma hauteur. Nous discutons et j'apprends qu'il est en retraite de la... CRS. Il a 58 ans. Nous nous tutoyons immédiatement et échangeons nos souvenirs d'autant qu'après Rouen il était à la CRS 13 de Saint-Brieuc à u époque ou j'aurais pu le rencontrer quand j'allais manger à leur mess. Le monde est petit. Plus petit encore car connaît aussi Michel Hardouin et Claude Lecharpentier qui a fait quelque travaux par ici. Plus petit toujours car en parlant d'Evran il m'indique à Côté, sous mes yeux, une certaine Madame Faisant. J'ai pendant 15 ans habité en face de chez elle à la gendarmerie. Je vais la voir et je me présente. Je connais très bien son fil René dit "Nesnes", dépanneur télévision qui à l'époque (1978 à 1992) faisait des bals disco. Mon nom ne lui dit rien. Quand je parle de Marinette infirmière libérale elle s'écrie "Le corbeau"!. Là il faut que je raconte une histoire du passé. [Peu de temps après mon affectation à Evran, je suis dans mon appartement au premier étage dans la cuisine qui donne sur la rue. Tout a coup j’entends un claquement sec, le bruit de quelque chose qui roule sur le toit juste au dessus de la fenêtre devant laquelle je me tiens. Je vois un corbeau battre mollement des ailes et tomber mort sur la route dans l'axe de ma fenêtre. Je réalise que je viens de me faire tirer dessus par un tireur de corbeau. Je me précipite au rez de chaussée mon arme à la ceinture et interpelle le voisin, un jeune qui habite en face chez sa mère. Il vient de tirer sur un corbeau qui mange ses noix, sans se rendre compte que je me trouvais dans la ligne de tir. Je lui confisque son fusil et le convoque au bureau pour 14 heures. J'ai bien l'intention de le verbaliser pour mise en danger de la vie d'autrui. C'est comme cela que j'ai connu René dit "Nénes" organisateur de disco et réparateur de télévision. Il n'y a jamais eu de procédure suite à l'intervention de mon commandant de brigade et je suis resté copain avec Nénes], ce que je fais en présence de sa fille et de son gendre au fort accent espagnol. Si je dis que le monde est encore plus petit que cela ? Et bien oui car ce monsieur et dons la sœur de René sont venus à Hirel, en face de chez nous, chez les "Parisiens". Le monsieur se souvenait de moi. Incroyable Non ?. ET tout cela parce que je n'ai pas voulu camper au camping municipal et sur le terrain viabilisé et pas écouté les conseils de la dame au chien. J'apprends aussi que le propriétaire à côté de la fille Faisant (le couple demeure à Paris) c'est un gendarme de Combourg. J'en peux plus. Je m'arrache avec une invitation à s'arrêter à la maison lors de leur passage à Hirel et un grand signe à mon CRS qui n'a pas arrêté de tondre.
Mon séchoir de fortune.
Je remonte vers le camping en pleine forme morale. Ces rencontres du hasard. Je salue la jeune fille qui garde le bureau de vente des parcelles viabilisées de chez Giboire. Elle est contente de parler avec moi. Moi aussi avec elle. Elle est charmante. Je remercie une nouvelle fois le gérant du camping pour la douche, passe saluer mes deux femmes gardiennes et sort par le fond du camping par où je suis arrivé sur tout ces événements.
Le sac est presque bien calé. Les muscles ne sont pas chauds et je démarre à 11:30. Je pense que je vais sauter le repas de midi et j'attaque... les figues (2 ou 3). Pas fait cinq cents mètre que la mer haute me dévoile outre le mont Saint Michel dans le lointain, une côte à l'horizon, un magnifique voilier qui vient embellir - si c'était possible - ce splendide paysage. La nuit et le matin pluvieux et nuageux ont fait place - pendant nos découverte avec CRS et Faisant - en une fin de matinée ensoleillée rendant le spectacle de la mer de toute beauté. Les couleurs de l'eau sont assez "lunaires". Tient d'ailleurs c'est indescriptible je le garde pour moi ! Une photo peut-être ? Mais elle ne rendre jamais la majesté du spectacle.
Le chemin m'est pénible pendant le deux premières heures. L'impossibilité de réglage des courroies m' handicape. Après le pointe du Grouin et son sémaphore, je fais halte et installe un montage de sangles que j'ai concocté dans ma tête depuis mon départ. Les sangles qui pendouillent (sic Marinette) me servent. Cela va mieux après mon redémarrage et pour la suite de la journée. Je peux placer le sac en bascule arrière ce qui soulage notablement mes épaules le poids portant sur la taille.
Je suis content, mais j'ai mal à la plante des pieds. Un coup à droite, un coup à gauche, un coup les deux.
Je décide de faire halte à 14:00 et c'est à la plage des Vergers que je la fais sur le parking. Je mets mon linge mouillé à sécher sur le talus herbeux pendant qu'à semi ombre, je déjeune et bois un café. Je prends mon temps pour récupérer.
15:30 départ le sac est bien, moins lourd du repas du midi mais surtout du linge sec. Éva fait des siennes et n'affiche pas la carte. Pas grave elle enregistre les déplacements. Je mettrais la carte en ?? dessous en rentrant.
A 14:00 j'ai eu un contact téléphonique avec ma douce et tendre qui m'a presque mis la pression en disant que ce soir je pensais être à Rothéneuf. Je suis parti sans but. Elle me l'impose presque. Je suis contrarié tout l'après midi car si je n'arrive pas à Rothéneuf ce soir j'aurais l'impression d'un échec.
Cette impression disparaît à mon arrivée en soirée... ailleurs.
Mais avant je dois dire que j'ai été fasciné par deux spectacles dans l'après midi :
A l'est de la maison qui fut celle de Léo Ferré, une douzaine de dauphins s'ébattant, sautant hors de l'eau dans ballet bien chorégraphié. C'est magnifique et émouvant. Par petits groupes de trois ou quatre ils se déplacent vers l'Est et disparaissent à nos yeux. Nous sommes quelques-uns à regarder le spectacle. Et comme à la fin d'un représentation chacun reprend sa route après avoir échangé commentaires et observations. Adieu, amis d'un moment.
Je ne parle pas du calvaire de la traversée de la plage dans le sens de la longueur avant l'escalier "raidissime" qui m'a amené au second spectacle.
Un faucon crécerelle en action de chasse à plusieurs reprises au dessus de moi, à côté ou en dessous mais toujours très près de moi. Je suis seul (il se fait tard) à assister à cette chasse. Je l'observe longtemps n'osant pas me déplacer rapidement de peur de l'effaroucher et de le perdre.
Je reprends à regret la route pour trouver un camping familial près du chemin des douanier. Camping que j'ai tout d'abord, au loin, pris pour un gardiennage de caravanes. Le bureau est fermé mais je suis chaleureusement accueilli par une dame qui me donne le dernier emplacement et des jetons pour la douche, tout cela pour 6,20 euros. Un cadeau quand je voie l'emplacement avec la vue sur la mer et les bateaux ancrés dans la crique, et le talus qui sur un côté borde mon emplacement. Talus très utile pour dételer mon sac et pour m'y assoir pour manger. Le Paradis. Mais je ne suis pas à Rothéneuf ce soir. Le bateau à voile, les dauphins et le faucon sur la lande valent bien une déception. Aucun regret que du bonheur comme dirait quelqu'un que je connais bien.

mercredi 12 août 2009

Premier jour

Premier jour
J'ai préparé mon sac la veille de mon départ puis, la nuit aidant, l'ai refait le matin du départ. J'ai retiré un certain nombre de matériel comme la poivrière, j'ai vidé la salière de moitié, pris une quarantaine de sucrette au lieu de la boîte et mis les dattes, les figues et le muesly du petit déjeuner dans des sacs en plastique.
Je croie que c'est au retour de ces 10 jours (si je tiens) que je ferais le bilan matériel.
L'organisation de mon départ dans ces deux derniers jours (lundi et mardi ; je suis parti le mercredi matin à 09:44 soit 16' d'avance) :
Le lundi donc besoin urgent de devis et factures. Jean vient le soir et j'y travaille jusqu'à 01:30. Le mardi c'est à refaire il y a des détails qui clochent.
Marinette me met la pression, les tomates ne sont pas traitées !? Le melon poire n'est pas planté !? J'ai tout de même planté le basilic, déblayé l'évier de la vaisselle propre et mis au compost ce qui devait, rangé des trucs et les pacto qui trainaient dans la cour, sorti la poubelle jaune pour le jeudi.
Pour me venger je laisse les boîtes plastiques que j'ai salies dans l'évier.
Pouf ! C'est le jour du départ, je suis stressé (pour utiliser l'expression consacrée), je dirai plutôt tendu. J'ai peur de ne pas y arriver. J'ai d'ailleurs en plus de la tente acquis un sac de couchage car j'ai crains de ne pas pouvoir emporter celui de l'armée fort pratique pourtant.
Je suis inquiet.
J'ai souvent rêvé de partir comme cela sans but et autonome un maximum. Aujourd'hui je réalise enfin et j'ai peur de rater, que cela ne soit pas comme je le rêve.
Après quelques auto-photographies dans la cour en utilisant le trépied, harnaché et la canne à la main. Je pars par le portail de la rue des Tourailles que je referme soigneusement. Je croise deux ou trois voitures avant d'emprunter la direction de la Quesmière où je passe directement en bas de la grève (ou en haut selon).
L'Aventure commence.
J'ai déjà des douleurs dans les pieds, les jambes et les épaules. J'étais tellement inquiet que j'avais à force d'être à l'écoute de mon corps des douleurs dans le dos, les genoux et épaules depuis plusieurs jours. Mais là, c'est physiquement vrai et augmente mon inquiétude.
Je marche en direction de l'Ouest.
Je règle la canne de "marche nordique", puis la replie en travers de ma poitrine. J'ai mis moult sangles sur mon sac, sangles qui font rire ma charmante épouse qui ne se lasse pas de se moquer de moi. Cette canne n'est pas lourde, pas gênante ni encombrante et l'avantage quand elle n'est pas utilisée elle se fait oublier repliée et accrochée au poignet. Je l'ai, le premier jour du moins, toujours eu à la main.
Je marche vers Saint-Benoît des Ondes et j'ai du mal. Le sac est lourd et mal équilibré. J'ai du mal (et oublié aussi un peu) le réglage en marchant des différentes sangles (2 à la ceinture en plus de la grosse boucle, 2 en bas des bretelles, 2 en haut avec une autre grosse, une en travers de la poitrine). Cela permet de faire varier la charge sur le corps.
J'ai mal. L'inquiétude grandie. Je m'arrêterais avant la pharmacie où je dois prendre des plaquettes de médicaments pour mon voyage dans le cadre de mon traitement. Il me revient que je ne peux enlever le sac à dos que sur une hauteur. A Saint-Benoît le meret du chemin s'avère idéal.
Je suis contraint de m'arrêter car depuis plusieurs centaines de mètres le sac ne porte que sur une épaule et les règlages des sangles en aveugle ne font rien. La boucle de gauche en haut de bretelle est défaite. Je la remonte et la règle. Je profite pour changer le tapis de sol et le sac de couchage car je porte ce dernier à la main depuis un bon moment après qu'il soit tombé. L'ensemble se présente mieux et paraît plus "pro".
A la pharmacie pas de difficulté, Marinette viendra chercher le reste du renouvellement de mon ordonnance dont je n'ai aucune utilité pour mon périple. Le pharmacien (M. Pépin) rigole et me charrie un peu. Il m'est devenu sympathique depuis quelques années. Il a un humour que me plait même si je ne suis pas toujours d'accord sur tout les sujets. Je fais preuve d'optimisme pour mon voyage et balaie - à mon grand étonnement - ses objections. C'est d'un pas plus optimiste que je me rapproche de l'Ouest. Merci Pépin. Tu ne saura peut-être jamais les incertitudes et craintes que tu as balayé chez moi, juste en rigolant avec ou de moi.
C'est reparti. La mer est haute, près du bord. Je pense que j'aurais des problèmes plus loin vers le château Richeux si le GR 34 passe sur la plage comme nous n'avons fait avec Marinette il y a quelques mois.
A la sortie des élevage de moules, j'ai le même problème qu'avant la pharmacie. Je me pose, remonte la boucle que j'assure plus encore ainsi que l'autre.
Je repars et cherche avec certitude ma route sur la grève car j'avais eu des doutes sous Saint-Benoît et certains passages délicats m'avaient surpris. Les traces des pas des chevaux m'avaient guidé et évité de tomber (marcher) dans des bourbiers infâmes.
Je ne comprends pas. Je ne maîtrise pas mes sangles mais je trouve que j'ai anormalement mal aux épaules. Je réfléchis. C'est en me décontractant que la douleur disparaît. La tension m'a fait rentrer la tête dans les épaules. Le stress m'a douloureusement crispé. Je me relaxe et m'attache à décontracter tous mes muscles et à prendre un pas plus coulé, moins saccadé. Prendre une marche lente et régulière, beaucoup moins désordonnée que quelques instants avant. Il faut que je fasse attention à cela et j'ai dû me reprendre plusieurs fois au cours de la journée.
J'arrive sous le château de Richeux. Le GR me guide vers la grève que j'emprunte une centaine de mètres avant de me trouver devant un escalier de bois d'une vingtaine de marches. Je me surprends à monter sans difficultés (malgré une marche manquante) d'un pas lent et régulier. Je suis un chemin que je connais, puis passe sur la partie surplombant la grève que nous avions suivie Marinette et moi.
La mer est haute, le ciel bien que couvert laisse voir très loin. Le spectacle est magnifique la mer d'une couleur (de couleurs devrais-je écrire) fantastique avec à l'aplomb près du bord un flou heureux qui laisse deviner le fond varié. Marinette tu aurais dû m'écouter il y a quelques mois.
La végétation bientôt me cache la vue au Nord mais je regarde aussi côté terre et vois souvent d'agréables paysages jalonnés de belles demeures voir de manoirs ou châteaux (Malouinières).
Je dois pour arriver à Cancale prendre un bout de grève (plage ?) mais je soupçonne de m'être trompé de chemin. Tant pis, mais je n'aime pas marcher dans le sable mou tout comme dans l'herbe que j'ai du fouler avant les élevages à la sortie de Saint-Benoît des Ondes. Épuisant d'autant que je ne me sens pas encore complètement à l'aise même si cela va mieux.
La traversée de Cancale en bordure de mer n'est pas désagréable en dehors des odeurs qui émanent des restaurants tout au long de la ville. J'ai mangé à plusieurs reprises des figues par petites doses et les odeurs m'écœurent. Il est 13:20 et je prévois d'arriver sous le monument du kilomètre zéro érigé le 7 août 1969 pour la création des chemins de randonnées, pour 14:00 afin de téléphoner à ma charmante femme et de déjeuner. Je téléphone à 14 heures zéro zéro pile. Personne. Messagerie. Je laisse un mot sans dire où je suis. Je sais c'est bête mais j'ai prévenu que l'appelais à 14:00.
Je mange léger, une débroussailleuse de talus juste au dessus des dunes où je mange entre en action. Non contente de me briser les oreilles me contraint à changer de place deux fois. Je m'en vais. Quelques dattes feront l’affaire mais je les prendrais beaucoup plus tard. Pas faim. Le café que je voulais me prendre sur ce banc sera pour plus tard.(2)
Dans la montée au dessus de Cancale premier des trois incidents semblables qui viendront entraver ma marche. Une des boucles du haut des bretelles cède. Je fais un nœud. Adieu le réglage pour répartir la charge en cours de route. La bouche du bas du même côté, puis la seconde du haut auront le même destin. Je fais pourtant très attention pour répartir la charge et surtout pour éviter les secousses surtout dans les descentes où les à coups dans les montés qui provoquent des surtensions à l'équipement et aussi à mes chevilles.
Je reprends chaque fois la progression avec la peur qu'une boucle ou une couture irréparable vienne se briser et stopper mon périple. J'espère que ces incidents se termineront le premier jour, l'ensemble étant éprouvé.
Le chemin est très agréable, même si certains passages sont durs à monter ou délicats à descendre. Petite vitesse et nombreux arrêts en montée me permettent de récupérer et de ne pas dépasser le stade II de l'essoufflement. Je ne fais pas une course de vitesse. Mon but ; arriver aux dix jours pour rentrer.
Mon corps souffre de partout. Je n'ai pas un endroit qui ne me fasse pas mal. C'est le lot d'un petit manque d'entrainement. Cela passera pourvu que les chevilles et les épaules tiennent. J'évite de penser à la contraction du dos de la semaine passée. Haut les cœurs.
Le temps qui était couvert au départ d'Hirel et toute la matinée mais qui laissait voir loin se dégage dès midi et le soleil fait son apparition. Je marche du côté de l'ombre quand possible contrairement à mon habitude de marcher et de croiser à gauche.
Je prends quelques photos, notamment des iles ou une construction genre Vauban est visible. Auparavant, à marée haute, j'ai pris en photo le mont Saint-Michel et le Mont-Dol nettement visible au loin et magnifique par marée haute. Cancale a eu droit aussi à son lot de numérisation.
Pour compléter le décor, je croise ou me fait dépasser par des gens très sympathiques. Certains me saluent d'un bonjour sur des tons plus ou moins cordiaux ou enjoués. Il n'y a pas foule. Nombre de personnes, notamment que je croise, rient de mes plaisanteries, m'interroge sur mon périple et mon équipement. 22 kilos, 10 jours.
Il arrive que je rencontre deux fois les même personnes. Nous nous donnons des nouvelles et des informations sur les événements depuis notre dernière rencontre. C'est chaleureux. Nous nous connaissons bien et nous ne nous connaissons pas.
Cela change de la ville de Cancale où mon passage à laissé l'affluence indifférente en dehors d'un groupe ou deux que j'ai salué avec humour accepté.
Sur mon chemin il y a beaucoup d'étrangers principalement allemand ou parlant une langue qui y ressemble. Je reconnais qu'ils sont étrangers à leur "bonjour" emprunt d'un fort accent.
Les promeneurs s'effacent pour me laisser passer la plus part du temps. Tous sont les mains dans les poches ou un petit sac sur le dos. Je n'ai rencontré aucun randonneur ou plutôt si, un couple à l'arrivée à Port Mer qui m'a dépassé, des jeunes qui m'ont raconté avoir randonné aussi. Ils m'ont donné quelques unes de leurs expériences notamment au niveau des campings, des douches, du bivouac en général. Très sympa. Leurs conseils me serviront dès ma première halte pour la nuit.
Ils m'ont parlé de camping complet. Celui de la Point du Grouin l'était. J'oublie de leur demander où il se trouve par rapport au chemin des douaniers. Tant pis.
A Port Picain j'ai pu faire le plein d'eau. Mes bouteilles sont pleines. Le premier souci que j'avais est réglé car l'eau est nécessaire pour boire mais aussi pour la cuisine. Le second souci... la douche qui est indispensable car je suis trempé de sueur, mon chapeau de même.
Je progresse, quand sur gauche (forcément car sur droite c'est la falaise et la mer) un camping. Un groupe entre par un portillon dans la clôture solide. Il n'est pas verrouillé et même si un panneau interdit l'accès, je tente ma chance.
Je passe devant le bâtiment sanitaire pour gagner l'accueil que je situe à l'opposé, côté route. Une jeune fille arrose les fleurs et à ma question m'invite à me renseigner auprès du gérant dans le bureau. Il est 18:50, je pensais le bureau fermé et avais le secret espoir de me doucher sans demander mon reste. Je sais c'est malhonnête mais bon.
Le couple me propose un emplacement mais avant de remplir la fiche de police ??? m'informe que le coût est le même que si j'avais une voiture : 11 euros. Je joue le jeu de l'écologiste qui voyage à pied et refuse de payer pour les pollueurs. Cela sur un ton de bonne humeur. Je dis non et demande la vente d'une douche que le monsieur me dit de prendre gratuitement car il n'a pas de tarif pour les douches seules tout comme les randonneurs.
Je suis content. En passant un couple de femmes me sourit. Je les salue poliment.
J'ai un problème. Comment surveiller mes affaires quand je serais sous la douche ? Je pense à mes deux femmes souriantes et j'y retourne. Elles acceptent bien volontiers de garder mes "bagages". La douche c'est que du bonheur. Je change mon Jean contre un survêtement et mon polo contre un tee short 600 que j'enfile à la tente de ces dames montrant mes cicatrices que je dissimule de mon mieux. Elle ne posent aucune question. Elles sont de Bourges. Nous échangeons sur nos origine berrichonnes, sur les vacances, sur des choses sans importances et pourtant intimes.
Je repars après un grand verre d'eau froide et une bouteille fraîche. Elle m'ont invité à éviter l'isolement de mon bivouac "on voit tellement de chose de nos jours"! Je les rassure et décline l'invitation de l'un d'elle de camper près d'elle...!
Je prends à gauche en sortant, je suppose qu'à droite le domaine est protégé pour que je puisse planter ma tente.
J'aborde un habitant chez lui. Il m'indique le parking herbu. Trop bruyant avec la route à côté.
Je me décide pour un lotissement en cours de construction, seulement viabilisé. A ma demande une promeneuse de chien m'indique des champs plus loin.
Premier camp.
Je vois cinq caravanes et un bateau sur un terrain où l'herbe, contrairement au lotissement que je viens de quitter, semble moelleuse à souhait et est une invitation à camper. Il me faut joindre le propriétaire à quelques centaines de mètres. Il accepte et me laisse la disposition des sanitaires dans le parc. Merci Monsieur Lecam. Retour au parc, j'informe les sédentaires voisins de l'autorisation obtenue et me pose entre deux caravanes. Si ce n'était le bateau mal garé je penserais que les caravanes qui semblent être là à l'année, sont inhabitées. Erreur, un 4 x 4 arrive et se gare devant le bateau près de ma tente. Le couple en retraite est très gentil. Nous échangeons un moment. Mon périple, sa (c'est surement monsieur qui parle) lubie du bateau, son choix, un peu ma vie, mon but dans ce voyage,... la vie quoi !. Chance, il propose de mettre en charge mon GPS que j'ai dû, faute d'énergie, arrêter chez les femmes de Bourges.
Je dîne de pâtes et d'une boîte de thon. Même pas faim.
21:00 contact téléphonique avec Marinette qui doit appeler ses collègues. Au revoir. Je coupe le téléphone jusqu'au prochain contact à 14:00 demain.
Je m'installe, dérange mes affaires et écris.
La nuit est infernale. Je dors en clignotant. Je tourne et je vire. Je ne regarde pas l'heure, mais à 6 heures je le fais et finis d'écrire.

mardi 11 août 2009

Avant le départ.

Je pèse 91,700 kg en slip et chaussettes après être allé faire pipi le matin au saut du lit. J'en fait 97,700 habillé avec la ceinture chargée ; téléphone et son étui, dans la sacoche de ceinture mon porte-feuilles, stylo carnet, le trépied de l'appareil photographique et le GPS baptisé Eva (Ushuaïa évadéo), dans sa sacoche l'appareil photographique numérique avec une carte 256 mo, et deux de 2 Go.
Le sac sur le dos je pèse 119,00 kg ce qui veut dire que j'ai 23 kg sur le dos. C'est lourd !