Lundi 17 août - sixième jour.
Réveil un peu tard. Il est 7 heures 47. J'ai mal dormi.Des voisins faisaient exceptionnellement la fête mais ne savaient pas que j'étais là. Vers 2 heures 45 cela s'est calmé et j'ai pu dormir. Je me suis habitué à ma paillasse. Le propriétaire, Monsieur Louis Friteau m'appelle pour le café qui sera un petit déjeuner avec son épouse. Monsieur a été bien malade cette année avec la découverte après un an de recherches de la perte d'un de ses poumons du à une rupture du muscle (dont j'ai oublié le nom). C'était la cause de ses essoufflements. Il aime la pêche et est originaire de Fougères. Il a un jardin chez un ami à Dinard. Il s'y rend et me propose de me déposer à la laverie pour mon linge. J'accepte. Il accepte de mettre mon GPS en charge. Je rentrerais à pied, linge propre après quelques courses vers 13 heures. Le temps de ranger et plier et j'appelle la prunelle de mes yeux (j'en fais pas trop là !?). J'endosse mon sac après avoir remis ma carte et une invitation passer, je prends nom et adresse de mon propriétaire. Au passage pour rejoindre le GR 34 je prend ceux de Monsieur Madame Inaorvaïa. Ils mangent dehors, la dame me voit et me désigne à l'assamblée. Je salue d'un grand geste sans regarder et pars.
Le chemin jusqu'à Saint-Lunaire n'est pas très agréable à son début. Plage de sable pou (deux) et bitume pour des crochets dans les villages.
Le midi n'ayant que très peu mangé, vers 16 heures, je renforce mes figues (fameuses semi sèches et moelleuses) par trois abricots frais et une orange. Je bois plus car je ne suis pas échauffé et les plages sont épuisantes. C'est étonnant ces changements de température tout au long du chemin. Des zones ombragées sont plus chaudes que certaines ensoleillées. Par endroits je transpire à grosses gouttes à d'autres j'ai presque froid.
Le paysage n'est pas extraordinaire et ne me marque pas plus que cela. Juste la première vue de Saint-Lunaire de ma pointe du Nich (côté Ouest). J'arrive à Saint-Lunaire au pas de charge. Je me calme. En bordure de fin de plage, trois tables de pique nique me tendent les bras. En face, à 30 mètre de l'autre côté de la route des sanitaires WC à siège et turc et lavabos avec eau courante. Bien agencés, je pourrais y faire une toilette complète, manger et écrire sur un des tables et planter ma tente non loin.
Je me dirige à l'arrivée du GR vers un couple de randonneur. Jeunes, les sacs bien chargés la serviette de toilette en étendard. Il me semble qu'ils sont arrivés par la route. Une photo avec le panneau d'entrée d'agglomération de Saint-Lunaire et ils repartent alors que le sourire aux lèvres, j'étais à moins de 10 mètre d'eux et allais de toute évidence vers eux pour les saluer. Ni un regard, ni un bonjour , ils me fuient et partent rapidement vers le centre de Saint-Lunaire et la pointe du Décollé. Plus loin deux cyclistes me saluent du bout des lèvres. Je me pose des questions et m'autoexamine. Certes je n'ai pas l'air frais et je dois être rouge de visage car cuit avec le soleil en plus de ma forte propension à rougir. Mais même. Je ne comprends pas ce comportement.
Je passe l’épisode de la rencontre avec 5 gendarmes puis un policier municipal. Aucun intérêt. Ni la rencontre, ni les personnages. Le métier a bien changé ou alors se sont les hommes. Le "camping sauvage c'est INTERDIT !". "C'est la réglementation générale". "Pas le droit". Merci les gars pour les encouragements et pour toutes ces interdictions assénées sans mesures et de manière totalement arbitraire. La bêtise de l'autorité aveugle et inculte qui confond camping et bivouac, campeur et randonneur. N'a aucune tolérance pour le randonneur qui monte son bivouac (tente une place) à la tombée de la nuit en un lieu isolé des routes chemins et habitations (sauf autorisation de l'occupant sédentaire proche) et le démonte avant le levé du jour ou presque.
Des rencontres de m... et des nons rencontres de m... aussi ! C'est l'esprit Saint-Lunaire ?
Les trois étoiles du camping local m'arrêtent. Je reviens à ma première idée. Liaison téléphonique de 21 heures, j'ai tout dit ou presque. A 21 heures 45 la tente est montée dans un petit coin retiré. Toilette, écritures et dodo.
L'après midi de cette journée n'a pas apportée de rencontre extraordinaire. Un couple d'ancien un peu perdu à qui j'ai expliqué la signalétique des GR.
Cette journée (et nuit) sera marquée par mon premier camp autonome sans avis de propriétaire, sans assistance publique et contre le REGLEMENT !