Mercredi 19 août - huitième jour.
Nuit excellente dans le fond de mon champ. J'ai eu de la guitare une partie de la soirée. Des jeunes chanteurs des rues que j'ai rencontré qui bivouaquaient sur le GR. Ils sont trois, viennent du Nord et se déplacent de village en village en voiture.
Je me dirige vers Saint-Jacut-de-la-Mer. La signalisation du GR est à peine visible et parfois difficilement compréhensible sur cette commune. La matinée est une horreur avec le contournement à n'en plus finir de la baie de la Baussais. Le soleil est de plomb et il n'y a pas d'aire ni d'ombre non plus car le circuit se fait en schorre et digue. Le paysage est sans intérêt à cette hauteur (au niveau de la mer) il était certes beaucoup plus magnifique à la sortie de Lancieux du haut de la falaise où je voyais des chevaux quid montés, quid attelés trotter en bordure et dans l'écume de la vague. Le bonheur de ces cavaliers. Je pense à Loïc. Il serait heureux là.
Je voulais couper la presqu'ile de Saint-Jacut-de-la-Mer n'ayant aucun souvenir particulièrement agréable alors que j'étais chef de poste. Je m'y rends quand même après le passage de la baie de la Baussais et que j'ai déjeuné sur l'une des tables d'un éleveur d'huitres qui propose la dégustation. Les trois blondes (si si !) ne sont même pas souriantes. Les huitres sont servies dans des cartons d'emballage. Le couple franco-italien qui à pris la seconde table de la terrasse semble content. Je souris en les écoutant. Elle parle italien, lui en français et la petite qui a 10 ans dans les deux langues puis les parents alternent. C'est étonnant ces dialogues où les échanges se font alternativement, parfois un mixe des deux langues. A entendre comme ils parlent il doit d'agir de leur deux langues maternelles la femme étant plus italienne.
Je passe la traversée de la presqu'ile de Saint-Jacut que j'abrège en passant par le travers à hauteur du port du Chatelet et devant l’ancien poste provisoire de gendarmerie que photographie au passage. Je rejoints le GR par la rue des Girauds. C'est seulement à partir de la plage du Ruet que les choses deviennent plus intéressantes avec la rencontre derrière des rochers d'une famille (père, mère et deux filles) que je surprends alors que je longe à grand peine cette plage. Je les prie de m'excuser et le monsieur noue conversation avec moi. Je viens d'ici, je vais où ? Je viens de 7 jours et je vais 2 jours. Il exulte. Pas de contrainte. Il me conseil pour profiter de l'ombre, de passer par un chemin qui en fait est le GR que j'ai perdu, la signalisation étant à revoir sur Saint-Jacut. Il me parle d'histoire et me remémore le duc d'Aiguillon boutant l'anglais hors de France et me précise le chemin suivre pour poursuivre et pour suivre sur la côte de la presqu'ile de Saint-Jacut jusqu'au port du Guildo puis le long des côtes jusqu'à Saint-Cast-du-Guildo. Il y a eu 3500 morts côté des anglais. Si mes souvenirs sont bons la bataille s'est terminée par la victoire plage de Pen Guen en Saint-Cast. Je verrais demain en y passant. Il me parle aussi du château du duc de Bretagne sous lequel je vais passer et d'où la tour en son sommet permet d'embrasser toute la baie. Nous nous quittons et je prends la direction indiqué et rejoints le chemin après un certain temps assez long et sur le sable mou de la plage. Avant que d'être caché à leurs yeux et bien qu'ils soient très loin et à peine visibles, je me retourne et lève le bras avec mon baton pour leur faire signe au cas peu probable où ils regarderaient de mon côté. Incroyable mais je voie quatre bras se lever spontanément et me faire de grands signes d’au revoir. Je suis tout ému, limite larme. J'aurais du continuer de parler avec ces gens plutôt que de m’inquiéter de mon gite et de la douche de ce soir. Pendant la conversation avec le papa une des petite est venue me dire gentiment que pour passer au bout de la plage il fallait que je parte tout de suite car la mer montait et que je ne pourrais bientôt plus passer. Quand je l'ai remercié de son attention en lui expliquent que son père m'avait indiqué un chemin au-dessus elle a eu l'air sincèrement rassurée. Encore un bon souvenir d'une famille touchante.
Il faudra que je dise au Monsieur que le château du duc de Bretagne est complètement en ruine. Les abords sont agréablement aménagés avec des bancs de bois rustiques placés en amphithéâtre et des murets de pierres sèches juste comme il faut pour s'assoire.
Je traverse la pont du Guildo, le bourg de Notre-Dame du Guildo pour rejoindre à l'opposé camping des Quatre Vaux. J'y suis bien accueilli par une jeune fille qui autorise la douche et s’attable avec moi pour discuter quelques minutes elle fait une école de communication mais ne passera pas le Master en raison du cout que cela occasionne. Elle semble devoir gagner sa vie d'où ce poste de garde de camping.
A 21 heures appel à la lumière de mes nuits et après la douche et que j'ai planté la tente dans un champs à 200 mètres de là, j'ai dîné de pâtes de blé chinoises avec fromage italien.